dimanche 3 août 2014

本田 美奈子 Minako Honda








les dessins de Minako
sur une musique de Beethoven
"Sonate au clair de lune"





mardi 25 mars 2014

la page de 中川翔 Shoko Nakagawa


中川翔 Shoko Nakagawa

DIAPORAMA


lundi 4 février 2008

*
J’ignore le temps qu’il fallut à la mer pour s’en aller de là
une fois qu’elle m’eut abandonné, pantelant, sur le flanc...

Mes cales avaient depuis longtemps
mangé autant de sable qu’elles pouvaient


J’ignore le temps que cela prit, mais il y eut, un jour,
de l’herbe fraiche et des moutons paissant paisiblement
au milieu des reliefs épars de ce qui avait constitué naguère
mon élégant squelette

J’ignore le temps que cela prit encore, mais il y eut, un jour,
un chêne qui montait haut et fort depuis le centre de mon être et dont la futaie eut bientôt reconquis
tout l'espace où j’avais autrefois tendu mes toiles


J’ignore finalement combien de temps passa, entre ce jour
où d’arbre que j’étais, on fit de moi ce brigand vagabond,
cette voile des mers qu’on avait appelée ‘Lily’, et ce jour
où je revins enfin, de moi-même, à être un arbre sur la terre

*

dimanche 6 janvier 2008

Il est entré, l’Hiver, il est là...
Il est entré chez moi, l’Hiver, le voilà.
Il est entré, comme chez soi, sans frapper, sans s’annoncer,
Sans utiliser la sonnette, il a tout simplement tiré la chevillette...
Comme si je l’en eus prié. 

Qui me l’a mis, ce feu... Qui l’a mis là ?
Qui me l’a mis, ce froid... Qui lui a dit d’entrer chez moi ?

Il s’est assis, justement là, l’Hiver, 
Cette nuit... dans mon fauteuil de prière.
Il s’est assis, fier comme un roi, de cette manière cavalière, 
Dans mon fauteuil de prière, sans me voir, sans s’émouvoir... 
Comme si je l’en eus prié.

Il a contemplé, l’Hiver, cette nuit-là, 
Dans l’âtre, un feu qui n’existait pas.
Au fond de son œil dansait comme le reflet d’un feu de bois 
Qui se fut trouvé là, mais sans y être, tout en me consumant l'être... 
Comme si je l’en eus prié.

Puis il a rigolé, l’Hiver, sous mon toit, 
Il s'est moqué de mon feu sans joie...
Je l’ai pris alors par le bras... Il ne faisait pas bien le poids, l'Hiver,
Devant la fournaise en moi. Je l'ai raccompagné... Il m'a prié de l'excuser...
Comme si je l’en eus prié. 

Qui me l’a mis, ce feu... Qui l’a mis là ?
Qui me l’a mis, ce froid... Qui lui a dit d’entrer chez moi ?

mardi 1 janvier 2008




J'irai très beau jusqu’au tombeau,

Avec toutes mes dents de lait...
J’irai très beau.

J'irai contre le temps, aussi frais qu'un gardon,
Hérissé comme un chardon, piquant vert et beau...
Jusqu'au tombeau.

J'irai jusqu'au bout de ma quête,
aussi vrai Que l’asticot s'entête à gravir l’abricotier...
J’irai très haut.

 Jusqu’au tombeau, n’accusant plus aucun fardeau,
Ni l’usure de la vie, ni la blessure du fruit...
J’irai très sûr.

 J'avouerai plus ou moins 30 ans, pas davantage.
Du surplus n'ayant point l'usage,
je le mettrai Sous le boisseau.

A l’heure où passent les passereaux, je me rappelle une passerelle vraiment belle qui passa l’hiver dans mon lit, mais sans vouloir y faire son nid... C’était trop beau !

 J'aurais voulu être plus sage, souffrir moins,
N'étant moi-même ici que de passage, demain,
J’irai très loin.

 A l’heure où les corbeaux se défroissent au bois,
D'effroi se courbent les squelettes, mais pas moi...
J’irai très droit.

 J'irai encore têtard, entre ces mamelles
De verdures cambrées, de terres ondulées...
J’irai très tard.

 J'irai longtemps passer dessus les passerelles,
Me faisant un collier des perles adulées...
J'irai très beau.

 Le vent porte en avant mes serments sur son dos...
Et je le suis, fidèle... à mes paroles, à mes ailes...
Jusqu'au tombeau.

vendredi 28 décembre 2007

INORI










































Elle aimait s’entourer d’étoiles
Elle faisait ça tellement bien
Elle aimait s’entourer d’étoiles
Comme une araignée dans sa toile
Qui m’attirait... tellement loin
Qui m’attirait…

Elle aimait à porter un châle

Au gré de l’humeur du jour
Elle aimait à porter un châle
Noir ou blanc parsemé d’or pâle
Tissé toujours... tellement fin
Tissé toujours…

Elle aimait à parler d’amour

D’amour au plus que parfait
Elle aimait à parler d’amour
' Je serai Ange pour toujours '
Plus que parfait... tellement mieux
Plus que parfait…

Elle n’avait qu’un dieu, le Soleil

Mangeur de cœurs sans pitié
Elle n’avait qu’un dieu, le Soleil
Elle n’avait qu’un lieu, le sommeil
Elle rêvait... tellement fort
Elle rêvait…

Sa vie n’était qu’ombre et mystère

Je l’ai vue un jour au marché
Sa vie n’était qu’ombre et mystère
Petite ombrelle solitaire
Qui vacillait... tellement frêle
Qui vacillait…

mardi 25 décembre 2007




Qu’il rêve ou qu’il mente,
Je suis le poème, je suis la passion,
Je suis le blasphème, je suis le cierge qui fond.

Là où va la pente,
Là va mon destin, va ma déraison,
Coule mon chagrin, sans fin dans un puits sans fond.

Le pire c’est l’attente,
Le pire c’est d’y croire, de guetter le son,
L’écho d’un espoir qui n’a pas touché le fond.

Vers toi mon amante,
Religieuse Mante, va cette oraison.
Plus rien ne me tente, la nuit déjà me confond.

Ce soir sous la tente,
Que ton ventre aspire, d'un baiser profond
Mon dernier soupir, dans ton corps jusqu’aux tréfonds.

.


lundi 17 décembre 2007

Il s'en passe de belles, dans ma cité !


Petit cœur de laiton 
Tu gis sur le trottoir gris
Si jeune et déjà piqué par la rouille...
Quelle embrouille !

Tombé, comme une dent de lait
Dans le sillage d'une princesse des cités

Porte Chance en mal de veine
C'est pas le cœur qu'a lâché, c'est la chaine

 Au passage, l'amour t'a dit
"Au revoir petit, merci !" Voilà tout

Que vas tu faire de ta vie
Maintenant que c'est fini, mon ami ?

Sur le marché du laiton
T'en auras pas lerche au poids, laisse béton

 Et pourtant, sous la poussière des regrets, 
En toi on peut quelque part y voir des reflets...
En toi on peut quelque part s'y voir, en effet...

Ton poids de dragons, de princesses et de fées, tu ne l'as jamais perdu tout à fait.

samedi 25 novembre 2006


Voilà, c’est mon chemin.
Et quand je dis mon, c’est 'mon'…
Je veux dire que c’est le mien.

Je l’ai tracé en cachette, au fil du temps
Je l’ai tranché à la machette, à feu et à sang
Car mon chemin s’était fourré, Dieu sait pourquoi,
Dans les piquants.

Bien malin qui saurait le trouver
Car il n’a pas d’entrée, pas de sortie
Naissant des flancs d’une montagne prohibée
Il s’achève aux abords d’un bois, paraît-il, maudit.

C’est un serpentin sauvage et furtif
Qui déambule et s’égare, le soir venu,
Dans cet entrelacs de ronces et d’épines

Et qui ne sert à rien de plus
Que voir de haut sans être vu
Le jour se fondre en nuit
La ville s’allumer
Le soleil descendre

Et la lune monter.



vendredi 8 juillet 2005


Où es-tu, mon amie, ma sœur, ma princesse…
Je brûle encore pour toi comme un soleil lointain… 
Seul, tournant sur moi-même, sans planète, sans lune… 
Je brille autant que j’ai de force, mais tu ne le sais pas… 
Et ma lumière s’épuise en vain dans le noir profond 
d’un univers sans fin …
À peine suis-je encore peut-être un point pour toi, 
si loin déjà et si ténu, que si tu me cherchais là où je suis, 
cette lumière que tu verrais, vacillante et faible entre mille, 
qui semble éternellement s’évanouir, te parlerait d’un homme 
qui a depuis longtemps disparu.