Un grand sommeil noir
Tombe sur ma vie :
Dormez, tout espoir,
Dormez, toute envie !
Je ne vois plus rien,
Je perds la mémoire
Du mal et du bien...
O la triste histoire !
Je suis un berceau
Qu'une main balance
Au creux d'un caveau :
Silence, silence !
paul verlaine
mardi 30 août 2011
un grand sommeil noir
jeudi 18 novembre 2010
Roce-Appris par Coeur
Excusez mon discours,
Mais depuis que le rap alimente
les fantasmes des jeunes bourges
Les rappeurs deviennent bêtes et sourds
S'bousculent dans leur caricature,
jusqu'à en devenir rouge
Excusez mes pensées
Mais le danger de ne se trouver
qu'à meugler ou à chialer
A se voir ou en monstre ou bien en victime
Et on s'retrouve à n'avoir plus que ces deux alliés
Je ne veux pas être lu mais appris par cœur
Mon effluve, reçue comme des écus par les imitateurs
Dans un rap où les élus oublient
ce que c'est qu'être rappeur
Depuis que les radios et la tune,
rendent muet comme du gafeur
Je ne veux pas être lu mais appris par cœur
Dans un monde où les acteurs
n'apprennent qu'à faire d'la vapeur
De la chaleur, qui ne sera que chaleur
Quand seul un feu donnera à craindre
aux éternels maîtres prédateurs
Maintenant que c'est exotique
de fantasmer sur rap violent
Les rappeurs deviennent les bêtes
de ce public donnant-donnant
Sortir le rap de l'enfance,
tel est mon rêve d'enfant
Loin de la condescendance des grands,
c'est devenir grand
J'enlève l'habille, la laisse et le collier du ON
Ose parler en JE, m'échappe du clan et m'identifie
Parce que ON ne fait rien pour vous,
parce que c'est que du flan
Parce que ON c'est trop vague
et que je suis trop précis
Je me rend compte qu'au bout du compte,
si on s'enfonce, se prélasse
C'est attendre de chaque énarque,
une relation paternaliste
Mettre des ILS en tout c'qui me dépasse
à force me rend las
Parce que de qui je parle,
de l'Etat ? Babylone ? Le Christ ?
Enlève les ON, et les ILS,
et derrière ces draps blancs
Se cachent les processus d'êtres vivants,
qui ont même chair même sang
Qui ont eux aussi cette règle,
du "oeil pour oeil, dent pour dent"
Pourtant on ne la fait subir,
qu'à nos frères et dans nos plans
Planteurs de couteau dans nos propres saveurs
Comme quoi les minorités n'ont pas besoin
d'aide pour leur malheur
Parce que notre force est pérave,
et parce que vos messages m'écœurent
Je ne veux pas être lu mais appris par cœur
Mec, le danger ne vient pas de toi,
tu n'joues qu'le rôle de bretelles
Supportant chaque poids des conséquences
à chaque séquelle
Je ne viens pas en moraliste,
mais c'est de la logique réelle
Mec, si tu veux être machiavélique ?
Lis Machiavel
Même que tu verras que tes dix putains d'années
de vécu bien dur
Valent à peine et tout juste,
quelques bonnes années de lecture
C'est juste que personne n'a eu
les tripes de le penser, de le dire,
Que cartable, stylo et l'air curieux
changent à ravir l'allure
Moi je ne veux pas être lu mais appris par cœur
Mon effluve, reçue comme des écus par les imitateurs
Dans un rap où les élus oublient
ce que fut qu'être rappeur
Depuis que les radios et la tune,
rendent muet comme du gafeur
Ma plume sort de l'étui,
et quand restent mes écrits,
J'me sentirais pas si bien
dans un Hip Hop américain
J'ai tout compte fait ici,
mon p'tit style épanoui
Je suis un MC amphibien,
nageant dans le flow parisien
Hélas, trop de liasse donne trop peu d'œuvres,
donne des cervelles de pieuvres
Je veux être efficace par la preuve,
partout où je passe,
Créer une ambiance neuve,
et prendre une nouvelle place,
Dans la ville lumière bien lasse,
quand nos romances pleuvent
Le rap évolue voyez-vous,
mais vers le mépris,
le vif manque d'empathie
Que l'argent et le succès verrouillent
Tu as mis un masque à ton dégoût
et tu t'es cru plus mature mais t'es fou !
Tu t'es fait aliéné tout l'cerveau et c'est tout !
Car savoir où tu mettais ta rage,
c'était savoir c'que tu fous là,
Maintenant on s'croit à contre-courant
mais on est dans notre heure
C'était un message, ainsi parlait Rocéthoustra.
Je ne veux pas être lu, mais appris par cœur
lundi 1 novembre 2010
Frères humains
Frères humains qui après nous vivez
N'ayez les cœurs contre nous endurcis,
Car, si pitié de nous pauvres avez,
Dieu en aura plus tôt de vous merci.
Vous nous voyez ci attachés, cinq, six
Quant de la chair, que trop avons nourrie,
Elle est piéca dévorée et pourrie,
Et nous les os, devenons cendre et poudre.
De notre mal personne ne s'en rie:
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre!
Si frères vous clamons, pas n'en devez
Avoir dédain, quoi que fûmes occis
Par justice. Toutefois, vous savez
Que tous hommes n'ont pas bon sens rassis;
Excusez nous, puis que sommes transsis,
Envers le fils de la Vierge Marie,
Que sa grâce ne soit pour nous tarie,
Nous préservant de l'infernale foudre
Nous sommes morts, âme ne nous harie;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre!
La pluie nous a débués et lavés,
Et le soleil desséchés et noircis:
Pies, corbeaux nous ont les yeux cavés
Et arraché la barbe et les sourcils.
Jamais nul temps nous ne sommes assis;
Puis ca, puis là, comme le vent varie,
A son plaisir sans cesser nous charrie,
Plus becquetés d'oiseaux que dez à coudre.
Ne soyez donc de notre confrérie;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre!
Prince Jésus, qui sur tous a maîtrie,
Garde qu'Enfer n'ait de nous seigneurie:
A lui n'ayons que faire ni que soudre.
Hommes, ici n'a point de moquerie;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre!
FRANÇOIS VILLON
dimanche 7 mars 2010
Règlement
(chanson de Louis-Ferdinand Céline)
Je te trouverai charogne!
Un vilain soir!
Je te ferai dans les mires
deux grands trous noirs!
Ton âme de vache dans la transe
Prendra du champ!
Tu verras cette belle assistance
Tu verras comment qu'l'on danse
Au grand cimetière des Bons-Enfants!
Refrain
Mais voici tante Hortense
Et son petit Léo
Voici Clèmentine et le vaillant Toto
Faut il dire à ses potes
Que la fête est finie?...
Que le vent t'emporte
Feuilles mortes! Soucis!
Depuis des payes que tu râles
Que t'es cocu.
Que j'suis ton voyou responsable
Que t'en peux plus!
Vas pas louper l'occase unique
De respirer
Viens voir avec moi si ça pique
Aux grandes osselettes du St Mandé!
C'est pas des nouvelles que t'en croques
Que t'es pourri!
Que les bourmanes ils te suffoquent
Par ta mélie!
C'est comme ça qu'a tombé Mimile
Dans l'grand panier!
Tu vas voir ce joli coupe-fil
Que je vas t'farcir dans l'araignée!
Mais y'a la question qui me tracasse
En t'regardant...
Comment que tu seras plus dégueulasse
Mort que vivant?
Tu vas repousser toute la vermine
Plus d'enterrement!
Que tu restes en rade sur la pile
J'aurai des crosses avec Mimile
Au grand Cimetière des Bons Enfants!
Ah! venez tante Hortense!
Et vous petit Léo!
Venez ma Céline et toi vaillant Toto!
Faut-il dire à ses potes
Que la fête est finie!
Que le vent m'emporte!
Adieu feuilles mortes!
Trémolos et soucis!
vendredi 18 décembre 2009
Harmonie du soir
Voici venir les temps ou vibrant sur sa tige
Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir
Les sons et les parfums tournent dans l'air du soir
Valse mélancolique et langoureux vertige
Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir
Le violon frémit comme un coeur qu'on afflige
Valse mélancolique et langoureux vertige
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir
Le violon frémit comme un coeur qu'on afflige
Un coeur tendre qui hait le néant vaste et noir
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige
Un coeur tendre qui hait le néant vaste et noir
Du passé lumineux receuille tout vestige
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige
Ton souvenir en moi luit comme un ostensoir
BAUDELAIRE
lundi 4 février 2008
*
J’ignore le temps qu’il fallut à la mer pour s’en aller de là
une fois qu’elle m’eut abandonné, pantelant, sur le flanc...
Mes cales avaient depuis longtemps
mangé autant de sable qu’elles pouvaient
J’ignore le temps que cela prit, mais il y eut, un jour,
de l’herbe fraiche et des moutons paissant paisiblement
au milieu des reliefs épars de ce qui avait constitué naguère
mon élégant squelette
J’ignore le temps que cela prit encore, mais il y eut, un jour,
un chêne qui montait haut et fort depuis le centre de mon être et dont la futaie eut bientôt reconquis
tout l'espace où j’avais autrefois tendu mes toiles
J’ignore finalement combien de temps passa, entre ce jour
où d’arbre que j’étais, on fit de moi ce brigand vagabond,
cette voile des mers qu’on avait appelée ‘Lily’, et ce jour
où je revins enfin, de moi-même, à être un arbre sur la terre
*
jeudi 31 janvier 2008
lundi 28 janvier 2008
Mon Dieu, que veux-tu faire de ma vie
Quel sera mon sort sur la terre, que serai-je
Princesse ou pauvresse... Qu’en sera-t-il
Martyre ou plaisir... Que sera-t-elle,
Cette vie que tu m’as donnée
Qu’en attends-tu
Que sera
Sera-t-elle brève, interminable
Sera-t-elle aimable ou terrible
M'auras-tu conçue forte ou chétive
M’aimeras-tu mieux belle que rebelle
M'aimeras-tu même si je trahis
Et si je te maudis
Qu’en diras-tu
Qu’en sera-t-il de moi sans toi
Si je défie tous les mystères, fière jusqu'au bout
Au terme du chemin, à l'heure de rendre tout
Et quand tous mes acquis seront perdus
Et quand j'irai dessous la terre, nue
Qu'en sera-t-il de moi
Où seras-tu
Qu’en sera-t-il, que sera-t-elle
Cette vie que tu m’as donnée
Qu'en restera-t-il de mes ailes
Au bout du compte
Que sera d’elles
Au bout du chemin
Que sera
?
samedi 26 janvier 2008
*
A signaler…
Rien aujourd’hui
Le bateau à quai se prélasse
Les hommes à terre se délassent
Allant de rades en radasses
Autrement, que dire du ciel d’ici
Rien de particulier si ce n’est qu’il est bleu
Quand il n’est pas tout à fait gris
On y voit tournoyer dans le soir
Des troupeaux d’étourneaux
Qui s’étant séparés de la horde
Ont choisi de traverser l'hiver ici
Tandis que le gros des leurs
A fui très loin vers le midi
Et moi, je reste là, mon verre dans la main
Sur ce bateau qui tangue, et je ne pense à rien
Sombre la nuit, monte l’ivresse après le vin
On le tire ici de la pomme et non pas du raisin
On le dit « Cidre Brut », mais il est doux
Et là, je crois que j’ai dit tout
Il ne viendra personne à bord si tard
Dans les draps de mon lit, la mémoire de Lily
S'offre encore un soupir avant l'oubli
Ce jour ayant fini
Je pose ma plume aussi
A coté de la page tournée
Un pétale de rose tombé
Un de plus, foin de regrets
Xochizuatl ( cho tchi sou atl )
Seul maître à bord en ce temps-là
*
dimanche 6 janvier 2008
Il est entré, l’Hiver, il est là...
Il est entré chez moi, l’Hiver, le voilà.
Il est entré, comme chez soi,
Sans frapper, sans s’annoncer,
Sans utiliser la sonnette, il a tout simplement
Tiré la chevillette... Comme si je l’en eus prié.
Qui me l’a mis, ce feu... Qui l’a mis là ?
Qui me l’a mis, ce froid... Qui lui a dit d’entrer chez moi ?
Il s’est assis, justement là, l’Hiver,
Cette nuit... dans mon fauteuil de prière.
Il s’est assis, fier comme un roi,
De cette manière cavalière,
Dans mon fauteuil de prière, sans me voir,
Sans s’émouvoir... Comme si je l’en eus prié.
Qui me l’a mis, ce feu... Qui l’a mis là ?
Qui me l’a mis, ce froid... Qui lui a dit d’entrer chez moi ?
Il a contemplé, l’Hiver, cette nuit-là,
Dans l’âtre, un feu qui n’existait pas.
Au fond de son œil dansait
Comme le reflet d’un feu de bois
Qui se fut trouvé là, mais sans y être,
Tout en me consumant l'être... Comme si je l’en eus prié.
Qui me l’a mis, ce feu... Qui l’a mis là ?
Qui me l’a mis, ce froid... Qui lui a dit d’entrer chez moi ?
Puis il a rigolé, l’Hiver, sous mon toit,
Il s'est moqué de mon feu sans joie...
Je l’ai pris alors par le bras...
Il ne faisait pas bien le poids, l'Hiver,
Devant la fournaise en moi. Je l'ai raccompagné...
Il m'a prié de l'excuser... Comme si je l’en eus prié.
Qui me l’a mis, ce feu... Qui l’a mis là ?
Qui me l’a mis, ce froid... Qui lui a dit d’entrer chez moi ?
*
mardi 1 janvier 2008

J'irai très beau jusqu’au tombeau,
Avec toutes mes dents de lait...
J’irai très beau.
J'irai contre le temps, aussi frais qu'un gardon,
Hérissé comme un chardon, piquant vert et beau...
Jusqu'au tombeau.
J'irai jusqu'au bout de ma quête, aussi vrai
Que l’asticot s'entête à gravir l’abricotier...
J’irai très haut.
Jusqu’au tombeau, n’accusant plus aucun fardeau,
Ni l’usure de la vie, ni la blessure du fruit...
J’irai très sûr.
J'avouerai plus ou moins 30 ans, pas davantage.
Du surplus n'ayant point l'usage, je le mettrai
Sous le boisseau.
A l’heure où passent les passereaux,
Je me rappelle une passerelle
Vraiment belle...
Qui passa l’hiver dans mon lit,
Mais sans vouloir y faire son nid...
C’était trop beau !
J'aurais voulu être plus sage, souffrir moins,
N'étant moi-même ici que de passage, demain,
J’irai très loin.
A l’heure où les corbeaux se défroissent au bois,
D'effroi se courbent les squelettes, mais pas moi...
J’irai très droit.
J'irai encore têtard, entre ces mamelles
De verdures cambrées, de terres ondulées...
J’irai très tard.
J'irai longtemps passer dessus les passerelles,
Me faisant un collier des perles adulées...
J'irai très beau.
Le vent porte en avant mes serments sur son dos...
Et je le suis, fidèle... à mes paroles, à mes ailes...
Jusqu'au tombeau.
Le 1er janvier 2008
( jour où je suis né)
XOCHIZUATL
4 CAMINOS
NAHUI OHTLI
vendredi 28 décembre 2007

Elle aimait s’entourer d’étoiles
Elle faisait ça tellement bien
Elle aimait s’entourer d’étoiles
Comme une araignée dans sa toile
Qui m’attirait... tellement loin
Qui m’attirait…
Elle aimait à porter un châle
Au gré de l’humeur du jour
Elle aimait à porter un châle
Noir ou blanc parsemé d’or pâle
Tissé toujours... tellement fin
Tissé toujours…
Elle aimait à parler d’amour
D’amour au plus que parfait
Elle aimait à parler d’amour
' Je serai Ange pour toujours '
Plus que parfait... tellement mieux
Plus que parfait…
Elle n’avait qu’un dieu, le Soleil
Mangeur de cœurs sans pitié
Elle n’avait qu’un dieu, le Soleil
Elle n’avait qu’un lieu, le sommeil
Elle rêvait... tellement fort
Elle rêvait…
Sa vie n’était qu’ombre et mystère
Je l’ai vue un jour au marché
Sa vie n’était qu’ombre et mystère
Petite ombrelle solitaire
Qui vacillait... tellement frêle
Qui vacillait…
*
*
mardi 25 décembre 2007

Qu’il rêve ou qu’il mente,
Je suis le poème, je suis la passion,
Je suis le blasphème, je suis le cierge qui fond.
Là où va la pente,
Là va mon destin, va ma déraison,
Coule mon chagrin, sans fin dans un puits sans fond.
Le pire c’est l’attente,
Le pire c’est d’ y croire, de guetter le son,
L’écho d’un espoir qui n’a pas touché le fond.
Vers toi mon amante,
Religieuse Mante, va cette oraison.
Plus rien ne me tente, la nuit déjà me confond.
Ce soir sous la tente,
Que ton ventre aspire, d'un baiser profond
Mon dernier soupir, dans ton corps jusqu’aux tréfonds.
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lundi 17 décembre 2007
Il s'en passe de belles, dans ma cité !
Petit cœur de laiton, tu gis sur le trottoir gris,
Si jeune et déjà piqué par la rouille...
Quelle embrouille !
Tombé, comme une dent de lait,
Dans le sillage d'une princesse
des cités.
Porte Chance en mal de veine,
C'est pas le cœur qu'a lâché,
C'est la chaine.
Au passage, l'amour t'a dit
"Au revoir petit, merci !"
Voilà tout.
Que vas tu faire de ta vie,
Maintenant que c'est fini,
Mon ami ?
Sur le marché du laiton,
T'en auras pas lerche au poids,
Laisse béton.
Et pourtant,
Sous la poussière
Des regrets,
En toi on peut
Quelque part y voir
Des reflets...
En toi on peut
Quelque part s'y voir
En effet...
Ton poids de rêves, de princesses et de fées
Tu ne l'as jamais perdu
Tout à fait.
*
samedi 8 décembre 2007
Tel un brave
Au matin
Qui se rêve
Se relève
Et qui s'encourage
Qui ne craint pas la pluie
Ni les orages
Ni les soirs de néant
Où tout s'efface là-dedans...
Qui s'en va toujours seul, indifférent
Sans chapeau, sans couteau, sans cravache, sans gants
Sans craindre d'aucun chien l'amicale menace
D'aucun trouble baiser la morsure tenace
Qui va toujours où le vent dit
Sans faire l'aumône d'un regard à ce qu'on lit
Sur les panneaux plantés à la croix des chemins
Que suivent et par lesquels s'égarent sans fin
Des caravanes de nefs pilotées par des fous
Aux flancs desquelles s'agglutinent aux heures de pointe
Et se lamentent sans faire de bruit
Mille pauvres cœurs introvertis
Tandis que seul
Tel un brave au matin
Qui n'a plus de chagrins, plus de peurs
Ni quant au jour, ni quant à l'heure...
Et qui s'en va...
Qui s'en va...
S'en va...
Va...
Va
J'irai encore
Trempé demain, qui sait
Mordu, perdu, désespéré
Fracasser les panneaux
Tête de fou, mort debout
Visser ma proue tenace
Au front des méduses
Qui passent...
Oui...
Mais...
Tel un brave
Au matin
Je me rêve
Me relève
Et je m'encourage
*
mercredi 5 décembre 2007
Il y eut un siècle
Il y en eut deux
Il y en eut trois
Il y eut un matin
Mon pauvre amour désolé
Est-ce qu'on se reverra jamais
Puisqu'il faut partir, je m'en vais
Il fait froid, c’est la nuit, je sais
Il faut marcher dans l’ombre, c’est égal
Ta main est douce dans la mienne, tu sais
Dans mon cœur baigne une lueur opale
Dans mon souvenir, tout est parfait
Dans mon souvenir, tu marches à mes cotés
vendredi 14 septembre 2007
Autant qu'à faire, vise le coeur, chérie
Je me suis battu à la guerre
À la guerre, la guerre de l'amour
Et j'ai perdu, que puis-je y faire
J'ai perdu, je me suis pendu
Alors on m'a mis sous la terre
Sous la terre, sous la terre, dessous
On a récité trois prières
Avant de refermer mon trou
Elle est bof, ma chanson guerrière
Mon dessin ne vaut pas un clou
Que voulez-vous, que puis-je y faire
C'est comme ça quand on devient fou
mardi 11 septembre 2007
Nous...
Comme deux petits ruisseaux
prestes et légers
Nous qui sommes nés
juste hier de la pluie
Nous qui mêlons nos eaux
dans les draps de la nuit
Qui n'aurons jamais rien
de plus précieux sur terre
que notre simple amour à partager...
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samedi 25 novembre 2006

Voilà, c’est mon chemin.
Et quand je dis mon, c’est 'mon'…
Je veux dire que c’est le mien.
Je l’ai tracé en cachette, au fil du temps
Je l’ai tranché à la machette, à feu et à sang
Car mon chemin s’était fourré, Dieu sait pourquoi,
Dans les piquants.
Bien malin qui saurait le trouver
Car il n’a pas d’entrée, pas de sortie
Naissant des flancs d’une montagne prohibée
Il s’achève aux abords d’un bois, paraît-il, maudit.
C’est un serpentin sauvage et furtif
Qui déambule et s’égare, le soir venu,
Dans cet entrelacs de ronces et d’épines
Et qui ne sert à rien de plus
Que voir de haut sans être vu
Le jour se fondre en nuit
La ville s’allumer
Le soleil descendre
Et la lune monter.
vendredi 21 avril 2006
La vie n’est pas ce que tu crois
Tant pis, tu es bien jolie quand tu dis
Qu’aujourd’hui et demain, c’est pareil
Alors, qui sait, jusqu’à la fin
Peut-être ensembles nous irons
Et quand bien même aurons-nous là
Tous deux perdu nos illusions
On se tiendra peut-être encore
La main
Et tu m’appelleras toujours
Petit Bourdon.
- - - - - - ---+
- - - - - - - ----+
:)
vendredi 8 juillet 2005
Je brûle encore pour toi comme un soleil lointain… Seul, tournant sur moi-même, sans planète, sans lune… Je brille autant que j’ai de force, mais tu ne le sais pas… Et ma lumière s’épuise en vain dans le noir profond d’un univers sans fin …
À peine suis-je encore peut-être un point pour toi, si loin déjà et si ténu, que si tu me cherchais là où je suis, cette lumière que tu verrais, vacillante et faible entre mille, qui semble éternellement s’évanouir, te parlerait d’un homme qui a depuis longtemps disparu.





